#ILIB15

L e 18 mai 2015, le colloque « Former aux compétences informationnelles à l’heure du Web 2.0 et des discovery tools » a rassemblé près de 250 personnes dans le cadre exceptionnel de la ferme abbatiale de Gembloux Agro-Bio Tech, la faculté des sciences agronomiques de l’Université de Liège (Belgique). Le public était majoritairement belge, mais une trentaine de bibliothécaires français ont également participé à la journée. Deux orateurs québécois faisaient aussi partie du public.

Le monde de l’information se transforme en profondeur au rythme des avancées technologiques, mais aussi des évolutions dans la façon de produire, diffuser, collecter, traiter l’information. On ne cherche plus, on ne s’approprie plus, on ne diffuse plus l’information aujourd’hui comme on le faisait il y a moins de 10 ans encore.

Peut-on dès lors continuer à former aux compétences informationnelles comme auparavant ?

C’est pour tenter de répondre à cette question que ce colloque a été organisé : faire un état de la question et dessiner les perspectives actuelles et futures de la formation aux compétences informationnelles à l’heure où le monde de l’information et celui des bibliothèques connaissent des évolutions majeures.

Outre un état de la question et une mise en perspective, le colloque du 18 mai 2015 avait pour ambition de produire des recommandations et des pistes concrètes pouvant être directement utiles aux formateurs. Pour ce faire, le colloque était organisé autour de quatre conférences, de cinq ateliers et d’une exposition de posters.

Les conférences et l’exposition de posters avaient pour objectif de susciter réflexions et échanges. Les ateliers devaient permettre de répondre à cinq questions :

  • Qu’est-ce que l’esprit critique et comment le développer ?
  • Quels outils et quelles méthodes de formation ?
  • Quels statuts pour le formateur et pour la formation ?
  • Comment former à l’heure des learning centers ?
  • Quelle formation documentaire à l’heure des réseaux sociaux et des discovery tools ?

L‘analyse transversale des comptes-rendus des cinq ateliers montre que la nécessité d’une étroite collaboration entre bibliothécaires et enseignants reste la préoccupation principale des participants. La composition du public de la journée confirme d’ailleurs cette préoccupation puisque peu d’enseignants (un peu plus de 10 %) avaient répondu à l’invitation.

Sans surprise, des concepts comme le développement de l’esprit critique, le plagiat, le statut du formateur et des formations, les pédagogies actives et une meilleure utilisation des réseaux sociaux ont aussi été très présents dans presque tous les ateliers.

Parmi les principaux points focaux qui émergent de cette journée, on peut souligner les éléments suivants :

  • la collaboration avec les enseignants et avec les autorités des institutions est essentielle pour mieux intégrer les compétences informationnelles dans les programmes, mais aussi pour amener les bibliothèques à prendre une part plus active dans les processus de formation (la création des learning centers en est un exemple) ;
  • les points de rencontre et de partenariat avec les enseignants sont : le développement de l’esprit critique, la réduction du plagiat et l’autonomie dans l’accès à des sources valides et fiables ;
  • pour proposer des pédagogies actives, les bibliothécaires-formateurs doivent y être formés. Ils doivent aussi utiliser les outils qui font le quotidien des étudiants, notamment les réseaux sociaux. Ils doivent surtout dépasser l’approche technique orientée sur les outils et permettre aux étudiants d’adopter des méthodes basées sur la résolution de amener à comprendre comment se construisent les savoirs ;
  • pour être efficaces, les interventions des formateurs doivent faire partie intégrante du cursus des étudiants et donc être créditées. Leur place dans le cursus doit être en adéquation avec les moments où les étudiants ont réellement la nécessité d’exploiter des ressources documentaires et de réfléchir à leurs besoins informationnels.

Même si le métier de bibliothécaire et de formateur a beaucoup évolué, même si le monde des bibliothèques a évolué, nous retrouvons là des préoccupations déjà anciennes, mais récurrentes et donc toujours d’actualité.

Ces pistes avaient en effet déjà, en partie, été énoncées en octobre 1997, lors des « Ateliers francophones sur la formation documentaire » (http://orbi.ulg.ac.be/handle/2268/5055).

Ce qu’il faut enfin souligner, c’est l’intérêt massif (le nombre de participants) du public et les attentes tout aussi massives de celui-ci. Pour aider les formateurs à développer des actions de formation efficaces, répondant à ces préoccupations, la création de supports didactiques, la mise en place de formations de formateurs ainsi que de lieux d’échanges et de partage restent plus que jamais nécessaires.

Ces chantiers sont maintenant ouverts. Il reste à les concrétiser.

Liens vers le site du colloque ILIB15 et les actes.